Tour du Canigó

Un tour sur la montagne
sacrée des Pays Catalans

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Canigó

Grands Sites de France: Grand Site du Massif du Canigó


Le Canigó, la montagne sacrée des catalans, est devenu, fin mars 2012, le 11e site labellisé “Grand Site de France”, le premier des Pyrenées et le seul de haute montagne. Le label “Grand Site” est attribué à un espace naturel ou bâti emblematique, jouissant deja d’une forte notoriété et de mesures de protecyion concrètes (site classé). Il est octryé à la structure de gestion du site, en l’occurrence le Syndicat Mixte du Canigó Grand Site, qui réunit le Conseil Géneral, les trente-neuf communes du massif, et l’Office National des Forêts. Pour y aboutir, ces derniers ont méné l’operation “Grand Site”, une politique spécifique visant à promovoir la gestion du massif du canigó à long terme.

L’opération Grand Site du Canigó se traduit par des interventions concrètes: la réhabilitation paysagère de zones dégradées, amélioration et création d’équipements d'accueil et d’aires de stationnement, maîtrise de la circulation motorisée et soutien aux mobilités douces, entretien du site classé et de ses accès, diffusion d'informations practiques, sensibilisation à l'écologie montagnarde... Il s’agit là d’une mobilisation quotidienne pour faire de « la montagne sacrée des Catalans » un massif vivant et accessible.

Voici une description des paysages du Canigó à partir de différents points de vue de l'évolution naturelle.


Formation géologique, géomorphologie



Le Canigou s'est formé en même temps que le reste du massif pyrénéen, c'est-à-dire sous la poussée de la plaque ibérique contre la plaque européenne. Les Pyrénées sont en fait le résultat de deux plissements datant de la fin de l'ère primaire et du début de l'ère tertiaire. Le massif se compose de roches métamorphiques, roches qui sont remontées à la surface à cause de l'échauffement important et de l'intense pression subis par les couches profondes. Le relief existant est le résultat de mouvements de surrection parfois très brutaux et d’une érosion incessante, symétrique, particulièrement représentative de la position méridionale du Massif.

Cette grande variété de roches recèle une grande abondance de minerais, exploités par l’Homme dès l’époque gallo-romaine : la sidérite, la baryte, le fer, le quartz et l’or. Sur le massif ont été aussi exploités : le talc, le marbre, la fluorite, le tungstène. Le Canigou a donc été un lieu de ressources et de richesses très tôt exploitées par l’Homme.


Paysages

Paysages



Trois grands étages paysagers peuvent être définis sur le Canigou:

Paysages de crêtes: depuis le Pic du Canigou se dessine une crête Nord-Sud avec vers le sud le Puig Sec et le Puig des Très Vents et vers le Nord le Pic Joffre. Une autre crête, cette fois ci orientée Est-Ouest dessine une succession de Pics s’élevant de 2100m à 2730m d’altitude. Les crêtes se poursuivent ainsi hors du site classé.

Paysage de vallées: Le piémont de la montagne est très nettement marqué, accidents topographiques, gorges, défilés ouvrent sur des vallées étroites et encaissées(vallée de la Rotja, vallée du Mantet, vallée du Cady, vallée de Fillols, etc.). C’est à ce seuil que se délimite également les paysages de montagne.

Les balcons: d’une morphologie très particulière, les balcons dominent les vallées et joignent les crêtes adoucies des principaux sommets du massif. Ce sont en réalité des surfaces d’érosion , témoins de phases climatiques locales.

Modulation du paysage par l'homme



Les paysages actuels du Canigou sont le résultat de phénomènes naturels (géologiques, climatologiques, biologiques) mais aussi la conséquence de siècles d’histoire où l’Homme a empreint le massif des traces laissées par ses activités, ses croyances et ses modes de vie. Le Canigou a été de tout temps une terre nourricière pour la région. Le Massif a été peuplé jusqu’à l’entre deux guerres. Mais l’occupation date d’il y a bien particulièrement longtemps. Au Néolithique déjà, les Hommes ont laissé leurs traces, dans les grottes, au travers de constructions (dolmens, mégalithes)et sur des roches gravées. C’est donc tout naturellement que les Hommes sont venus s’installer sur le Massif et y exploiter dès l’Antiquité le minerais de fer. C’est ainsi que le Canigou revêtit son visage actuel, reflet des différentes occupations et exploitations au fil des siècles:

Pastoralisme L’élevage a été très tôt l’une des activités principales pratiquées sur le massif du Canigou. Dès le Chalcolithique (3e siècle avant J.-C.) des circuits de transhumance se dessinent, favorisés ensuite par l’ouverture de chemins pour l’exploitation du fer dans la montagne. Au Moyen Age de nombreux droits d’usage vont favoriser le développement de l’activité pastorale sur le Canigou. L’élevage et le pâturage sont favorisés par rapport aux réserves sylvicoles. Ces mesures ont des conséquences désastreuses sur les milieux montagnards fragiles et vont accentuer l’érosion de la montagne. Ces droits d’usages vont se perpétuer durant des siècles, et certains d’entre eux sont encore d’actualité de nos jours. Le pastoralisme connaîtra son apogée sur le massif à la fin du XVIIe siècle, début XVIIIe, pour connaître ensuite un déclin durant la seconde moitié du XIXe qui connaît de nombreuses restructurations industrielles et économiques.
La gestió dels boscos


Exploitation des minerais Dès le 1e siècle avant. J.-C. le fer est exploité sur le Canigou mais Il faut attendre le Moyen Age pour voir apparaître les premières forges. L’exploitation du Minerais, va tout comme le pastoralisme contribuer à la surexploitation de la forêt ici utilisée comme combustible ou défrichée pour les cultures. L’apogée de l’industrie du fer se situe aux XVe et XVIe siècle. Mais au XVIIIe siècle, une politique de reboisement est mise en place et prive les forges catalanes de combustible, les petites forges disparaissent au profit de plus grosses industries. L’exploitation minière survivra ainsi jusqu’au XXe siècle qui connu la fermeture de la dernière entreprise à Batère, en 1981. Il en reste aujourd’hui un important patrimoine industriel marquant le paysage.

La gestion de la forêt: L’exploitation forestière a été importante jusqu’à la disparition quasi totale des forêts du massif. Le développement massif des forges nécessitant en permanence des ressources en combustible, les défrichements importants pour la culture et l’élevage sont venues à bout du couvert forestier. Droits de propriété et d’usages des bois ne sont pas facilement abandonnés. Il faut attendre 1940 et 1942, années marquées par d’importantes crues qui ruinèrent la vallée pour que soient pris au sérieux les problèmes de déforestation et de dégradation des sols par les riverains. Les pluies exceptionnelles et dévastatrices qui s’abattent sur le Canigou sont appelées les aiguats. L’Aiguat de 1940 engendra un déversement de plusieurs dizaines de millions de tonnes d'alluvions sur le Roussillon, encore peu urbanisé. Il causa la mort de nombreux réfugiés espagnols, qui s'étaient construit des abris de fortune le long du Tech lorsque la déferlante d'eau arriva. Un couvert forestier dense a du être reconstitué en Vallespir et en Conflent. En 1943 a été mis en place un service de Restauration des Terrains en Montagne pour lutter contre l’érosion de la montagne, pour cela des travaux sont rapidement mis en place (enherbements, reboisement, renforcements, création de barrages de protection pour les berges, etc.), le service RTM est toujours d’actualité (surveillance, travaux, etc).

Arquitectura militar

Edifices militaires: appropriation d’une limite territoriale. Le Canigou, en situation frontalière depuis toujours est une zone de conflits et de tensions perpétuelle dans l’histoire. Cette situation lui conféra un rôle défensif, c’est pourquoi furent érigés deux types d’édifices militaires sur le massif : les tours de gué et les villes fortifiées. Aujourd’hui dans le paysage subsistent plus d’une dizaine de tours sur l’ensemble du site du Canigou, tours dont l’organisation s’est développée à partir du XIe siècle. Treize villages fortifiés ou présentant des châteaux sont aussi comptabilisés ainsi que deux villes fortifiées Villefranche de Conflent (XIe siècle) et Prats de Mollo (Xve siècle), toutes deux restructurées par Vauban.

Edifices religieux: l’empreinte du sacré sur le Canigou Dès la préhistoire, le Massif du Canigou est utilisé comme espace sacré (dolmens, mégalithes, sépultures, etc.). Le Haut Moyen Age confirme cette tendance avec la construction de nombreux édifices religieux tout autour de la montagne, dans les vallées et sur les crêtes. Petites églises rurales ou grands monastères, la montagne se christianise. Naît alors un Art Roman Catalan aux influences hispaniques et lombardes que l’on retrouve notamment à St Michel de Cuxa et Saint Martin du Canigou, deux sites classés. Cette architecture romane catalane influencera les autres constructions religieuses du Massif.

El desenvolupament del turisme
Les villages: Le contraste entre le Conflent, le Vallespir et les Aspres, se fait non seulement par ses paysages mais aussi par l’occupation que l’Homme en a fait au fil du Temps. Alors que le Vallespir et les Aspres connaissent une occupation assez dispersées (hameaux, mas, montagne totalement occupée par l’Homme), le Conflent était occupé par une série de villages plus denses en pied de pente et fond de vallées montagneuses. Les vallées encaissées et les reliefs marqués ont entraîné le dessin de routes sinueuses et l’installation de villages et hameaux isolés, situation qui contribue à la naissance d’une identité propre aux habitants du massif vis à vis de la plaine des Pyrénées Orientales. Ces villages et hameaux, surtout ceux d’altitude ce sont petit à petit désertés à partir du début du XXe siècle avec le déclin de l’activité minière et les crises successives que connurent le tissu rural et ses activités en ce début de siècle.

Le développement du tourisme: A la fin du XIXe siècle, le Canigou va radicalement changer de visage avec son ouverture massive au tourisme. C’est Le président du Club Alpin Français de Paris, Charles Durier, conquis par le site qui confie alors "tout l'avantage qu'il y aurait à ouvrir un passage qui faciliterait l'accès au pic". S'engagea ainsi une phase de destruction du milieu naturel sauvage pour satisfaire les besoins de loisir des bourgeois citadins. Le 18 août 1886 trois charges de dynamites sont nécessaires pour créer la brèche Durier. C'est l'époque du tourisme bourgeois, né au début du siècle du thermalisme à Vernet , Prats-de-Mollo. Le chalet des Cortalets est achevé en 1899 et marque le début de la domestication du massif. Suite à ces dégradations causées au Massif durant des années, la politique est aujourd’hui de réduire les impacts du tourisme sur le Canigou au travers de l’Opération Grand Site.

10 autres sites ont reçu le label Grand Site de France depuis 2004 : l’Aven d’Orgnac, la Sainte-Victoire, la Pointe du Raz, le Pont du Gard, Bibracte Mont-Beuvray, le Puy de Dôme, le Marais Poitevin, Saint-Guilhem-le-Désert les Gorges de l’Hérault, les Deux Caps Blanc-Nez Gris-Nez et la Baie de Somme.

La faune


La fauna

L'isard (Rupricapra pirenaica) est le grand mammifère capable de résister aux conditions climatiques de haute montagne. Il se déplace sur la neige ou la glace grâce aux caractéristiques particulières de ses sabots. Il se déplace et saute sans difficultés à travers les grandes pentes et les terrains rocheux. La marmotte (Marmota marmota) est une espèce qui a colonisé la zone et qui se multiplie. Elle vit dans des sites alpins et l'aigle royal s'en nourrit. L'hermine (Mustela erminea) est une espèce carnivore de petite taille. En été, son pelage devient marron clair et l'extrémité de sa queue s'apparente à un pinceau noir. En hiver, elle devient blanche afin de passer inaperçu au milieu de la neige. Nous pouvons également trouver de grands ongulès comme les daims (Dama dama)cerfs (Cervus elaphus) et les chevreuils (Capreolus capreolus). Le calotriton des Pyrénées (Euproctus asper) est un amphibien à queue, endémique des Pyrénées et des zones proches. On peut l'apercevoir dans de nombreuses rivières et torrents locaux. La grenouille rousse (Rana temporaria) est aussi présente que le calotriton des Pyrénées. C'est une espèce euro-sibérienne. Elle s'écarte des eaux polluées.

L'aigle royal (Aquila chrysaetos) est l'un des rapaces les plus spectaculaires. Il plane sur des zones étendues en quête de nourriture. Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un rapace très particulier, que l'on peut apercevoir relativement fréquemment dans la haute montagne. Profitant des températures, des vautours viennent souvent en visite. Même si sa nidification locale n'a pas encore été vérifiée, ils sont très faciles à observer. Le lagopède alpin (Lagopus mutus) est une espèce représentative de l'étage alpin. Les plumes de cet oiseau changent de couleur au moment de la mue. Pendant l'hiver, son plumage blanc passe inaperçu au milieu de la neige. Pendant l'été, sa coloration présente des taches brunes qui le confondent avec les rochers des alentours. Il a même des plumes sur les pattes afin de résister aux basses températures. Le pic noir (Dryocopus martius) est l'espèce de pic le plus gros d'Europe et il se distingue par son plumage noir avec sa tête et sa nuque de couleur rouge.


La flore et la végétation



Les Pyrénées orientales, de par leur orographie au relief contrasté et la pluviosité considérable, permettent l'organisation d'une grande diversité de communautés végétales. Les Pyrénées orientales, de par leur orographie au relief contrasté et la pluviosité considérable, permettent l'organisation d'une grande diversité de communautés végétales.
La fauna

L'étage alpin (2 300 – 2 900 m) est constitué essentiellement de prés avec de nombreuses fleurs très colorées pour la plupart. Des plantes telles que le chardon bleu des Pyrénées (Eryngium bourgatii) ou le trèfle alpin (Trifolium alpinum) sont spécifiques de cette zone. Essentiellement sur les cimes, des terrains rocheux se sont formés à cause de la rocaille fendue et mobile et bon nombre de plantes s'y sont adaptées. Le séneçon à feuilles blanches (Senecio leucophyllus) présente une pilosité dense. Il est endémique des Pyrénées orientales, comme le julivert d'Isard (Xatardia Scabra) ou la pensée du Mont Cenis (Viola cenisia) qui présente des fleurs odorantes. La tore bleue (Aconitum napellus) est une plante à fleurs de couleur lilas intense. Elle pousse dans des endroits fréquentés par le bétail. Elle accumule des alcaloïdes qui en font une plante à la fois toxique et médicinale. Le lys des Pyrénées (Lilium pyrenaicum) est une fleur de grande beauté aux pétales jaunes avec de petites taches de couleur rougeâtre d'où sortent des étamines rouge vif.

L'étage subalpin (1 600 – 2 300 m) est potentiellement dominé par une communauté de pins à crochets (Pinus uncinata), capables de survivre dans les conditions climatiques les plus adverses : peu de nutriments, vent, froid, neige, c'est la raison pour laquelle ils sont souvent entortillés et présentent des formes étranges. Le rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) forme le sous-bois de ces pinèdes. La gentiane jaune (Gentiana lutea) se développe dans des prés naturels, à cheval entre l'étage montagnard et alpin. Il s'agit d'une espèce renommée car elle sert à la fabrication d'apéritifs. Les forêts de sapins finissent par se mêler aux forêts de hêtres.

L'étage montagnard (700 – 1 600 m) est constitué par des forêts d'arbres feuillus et de pins sylvestres. Les forêts de hêtres se développent dans des endroits humides, dans des cuvettes et certains lits de torrents. Il présente potentiellement une flore riche. Le géranium nodosom (Geranium nodosum), le daphné lauréole (Daphne laureola), l'anémone hépatique (Anemone hepatica), l'ellébore vert (Heleborus foetidus), le fraisier des bois (Fragaria vesca) font partie des autres plantes que nous pouvons trouver dans cet étage. Nous y trouvons également la pinède du pin sylvestre (Pinus sylvestris), des forêts de chêne pédonculé (Quercus robur), de chêne rouvre (Quercus petraea) ou de chêne pubescent (Quercus pubescens), qui représente une transition entre la forêt méditerranéenne et le centre-européen.

Les plantes qui poussent dans les forêts de rivage peuvent supporter les mouvements de l'eau et les impacts mécaniques des rochers pendant les crues. C'est
une forêt qui parcourt les rivières et qui sert d'abri à la faune. Elle est composée de l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), du saule blanc (Salix alba), des massettes à feuilles étroites (Typha angustifolia), etc. Les orchidées sont l'une des familles de plantes les plus spectaculaires pendant l'époque de la floraison et probablement l'une des plus évoluées.



Font: www.blog-habitat-durable.com
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